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  • Mathilde Finsterwald

Oser suivre son coeur


Marchons ensemble dans la rue. Nous sommes en Suisse, il fait frais. Cette nuit, il a plu. Regardons attentivement les visages autour de nous. Qui parmi vous peut voir au-delà de la 3ème dimension ? Quand je regarde une personne, j’aperçois parfois une masse informe et sombre en-dessus de sa tête. Cela, on l’appelle « problèmes ». Parfois, c’est le rythme du corps qui crie « vite vite vite », je suis pressé. En apercevant ces coureurs du temps, je ressens mes cellules se serrer. Le plaisir du mouvement semble estompé par la quantité de stress.

Pendant ce temps, des ahuris heureux bataillent pour donner de la joie au monde. Parfois traités de simplets ou d’anti-conformistes, ils considèrent que la simplicité est un raffinement. Ils ne font que peu de plans avec leur cerveau gauche et expansent leur réalité sans cesse en creusant dans l’infinité du présent, de la conscience. Spontanéité. Suivre le courant. Apercevoir l’oiseau bleu du paradis et vivre cet instant, sans chercher à l’attraper. Devenir son ami.

J’entends déjà les coureurs de fond : comment ça, devenir ami avec un oiseau ? Oui : attraper c’est enfermer, inviter à la fuite. Bonheur, mon beau bonheur, jamais je ne te tiendrai entre mes mains. Côtoyons-nous et devenons amis, si tu veux bien que je marche encore un peu à tes côtés.

Combien vivent pour acquérir, posséder et construire à leur oiseau une cage dorée ? Car plus tard, j’aurai ! Car plus tard. Dans ce système, la matrice nous rattrape très vite avec ses injonctions d’une violence inouïe : Il faut ! Tu dois ! Tu ne peux pas ! Sois réaliste et arrête de rêver !

Nous voyons deux chemins se dessiner. L’un de ces chemins consiste à vivre dans son mental. ​​

La projection dans l’avenir, le doute constant quant aux murmures de l’être, les carapaces toujours plus nombreuses pour éviter de se ressentir, la tension et le manque d’espace. Et ce mental qui parle, qui parle… . Un bruit de fond constant. La fuite, la dispersion, l’agitation. Un modèle entier basé sur le mensonge : quoique le mental nous raconte, notre expérience sera forcément différente. De la même manière que les « on dit » sont à jeter à la poubelle. Ah bon ? Oui, chacun reconstruit ses souvenirs, de plus avec pour base une vision partielle.

Comme dit la rumeur, on apprend toujours de nouvelles choses sur soi en écoutant les bruits de couloir.

Vous voyez où tout cela nous mène : il est tout aussi idiot de vivre dans le passé que dans le futur. Où ces dimensions existent-elles ? Est-ce qu’un des lecteurs arriverait à les trouver ? Là, maintenant cherchez. Voyez… Le futur apparaîtra peut-être demain. Si vous êtes patient ? Quant au passé… Entre bribes et miasmes, il s’envole comme le lapin dans le chapeau du magicien.

L’autre chemin, il fait beaucoup plus envie ! C’est la route du cœur. Cette route que personne d’autre n’a tracé avant vous. C’est le chemin de l’âme. Celle qui connaît votre présent et vous souffle : vas là-bas ça sera super ! Et hop, on croise des nouveaux amis. Un arbre peut-être, ou un héron. Peut-être que c’est soi qu’on rencontre, ou sa prochaine aventure de vie. Dans ce présent si riche qui se vit à la seconde, pour éviter qu’il ne soit trop tard.

Je les entends : il faut penser à demain ! On ne vit pas d’amour et d’eau fraîche ! Et si je vous disais que demain se déroule mieux en vivant maintenant ? Que la vie est plus heureuse, et que sa qualité peut s’expanser tout autant que notre conscience ? Que cela n’empêche pas de se préparer à des échéances futures, tout en bénéficiant de notre puissance maximale. On le fait maintenant : vivons à l’heure d’aujourd’hui et sans décalage horaire. Chacun décuple alors ses ressources et nourrit le monde d’un souffle aligné. La simple présence d’une personne alignée agit sur son environnement, harmonise instantanément. Et quand on voit quelqu’un d'aligné, on est heureux sans trop savoir pourquoi. C'est comme une bouffée d'oxygène qui fait du bien à l’âme.

Certains pensent que ne pas savoir de quoi demain sera fait est un défaut. Peut-être que le système entier est vicié, peut-être que penser le contrôle sain est un postulat erroné. Le contrôle n’est-il pas le signe d’une maladie sociale, plutôt qu’un symbole de succès ? Quand le train rentre en gare, on monte dedans. Inutile de connaître les horaires par cœur pour profiter du voyage.

Fermeture : je doute. Je ne sais pas. Je n’entends pas. Je ne vois pas. Alors vas écouter le bruit du vent sur les arbres et reviens quand tu auras cessé toutes ces rengaines qui tournent à vide. Le doute ne nourrit que le doute. Il faut sortir de cet espace de pensée vicié et prendre de la hauteur. Redonner une place aux murmures du cœur, lui il sait. L’âme, elle sait. Et le mental est trop insignifiant pour parasiter ces nobles connaissances. Vivre au présent, c’est oser. Si vous ne le faites pas, qui le fera pour vous ?

Aujourd'hui, j'ose suivre les murmures de mon coeur.


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